Entrez dans le monde de la passion de l'art, de la littérature et du travail intellectuel...
Une approche des méandres de l'esprit toujours en quête d'un absolu divin et humain..
Monde moderne et monde passé se confrontent et se complètent dans une parfaite harmonie créée par l'amour de la recherche et du progrès et animée par l'envie d'apporter sa goutte d'eau dans
l'océan de l'UNIVERS
C’était un après midi de Mars.
Elle s’était installée près d’un étang, allongée sur l’herbe elle rêvassait. Les oiseaux piaillaient dans les peupliers qui bordaient les chemins, se racontant des mots d’amour. Le printemps
fraîchement né avait suscité les plus vives douceurs et la Nature reprenait enfin vie après le rude froid hivernal. En effet la saison fut difficile à endurer, elle avait gelé un monde plein de
vie et l’avait presque tué, mais la chaleur printanière avait réussi à réveiller un monde endormi qui maintenant ne demandait qu’à s’étendre. Les bras mordants des gelées subsistaient encore à
l’aurore mais les rayons d’un jeune Phoebus encore timide résistaient et bien souvent gagnaient du terrain et dégivraient les fleurs courbées par le poids des fines couches de glace.
« A quoi pensez-vous ? ». La voix fit sursauter la jeune femme en pleine rêverie. Elle laissa échapper un soupir et fit un effort pour se relever afin de voir à quel interlocuteur
elle avait à faire. Elle regarda autour d’elle, et ne vit rien d’autre que la plaine semée d’arbres, et son étang à ses pieds. « J’ai dû rêver ». Elle s’étira tel un félin et se
rallongea afin de reprendre le cours de ses pensées qui étaient centrées sur un homme qu’elle côtoyait à la ville. Elle le trouvait malpoli, dérangé et très égocentrique…mais si
mystérieux.
Les volutes de fumée bleue détonnaient sur le fond rouge du petit cabinet qui enfermait les bocaux de Zoltan. Il
passait des heures à observer ces petites boites transparentes où logeaient ses petits soldats féminins, génies de la Création.
Ces homoncules criaient, riaient, pleuraient comme de vrais humains mais n’en avaient pas la taille…beaucoup d’entres elles étaient ratées. Elles souffraient de malformation des membres, de mauvaise tenue physique et finissaient par mourir de faim car Zoltan se lassait vite de les voir souffrir et s’essouffler trop vite.
Il ne s’occupait donc plus d’elles et même mortes il les laissaient dans leur bocaux qui brillaient comme des feu follets car ce gaz émanait de ces petites mortes et ne s’en échappait jamais.
Zoltan était juste préoccupé par l’idée de créer un être parfait, un petit être qui lui ressemblerait…pas trop encombrant et surtout de l’autre sexe.
Il s’était attelé des heures à chercher la formule parfaite pour créer la femme réduite de ses rêves, qu’il pourrait transporter partout…Mais jamais il n’y était
parvenu….
Un soir où la folie le prit à la gorge et à l'âme, dans un excès de démence il emporta tous ses bocaux pour les jeter dans le fleuve qui longeait sa misérable demeure qui à jamais serait
vide...pour finalement s'oublier dans son fauteuil de velours rouge....
Le matin avait déposé ses belles mains claires sur le jardin d’Eleonora qui prenait un soin
tout particulier à entretenir ses jolies fleurs sans pétales. Elle se rendait chaque matin dans sa serre étouffante qui gardait en elle la toute puissante atmosphère de la nuit qui mourrait
chaque matin pour renaître chaque soir.
Les pétales des fleurs n’étaient pas tombés, non….c’est qu’un jour Eleonora, encore jeune femme avait décidé de faire un joli jardin en l’honneur de son mari défunt. Mais jamais elle n’avait réussi à faire naître des fleurs à pétales, elles persistaient à vivre incolores et inodores dans cette ambiance pesante, lourde..étouffante…et maintenant qu’elle était vieille Eleonora avait abandonné cette idée de demander de l’aide à Dieu pour ses productions botaniques qui au fond, possédaient leur charme….
Le visage de la vieille femme ressemblait au fleuve ridé par le doux vent matinal près duquel elle avait établi sa petite et charmante demeure. Deux pièces lui suffisaient et elle se contentait le plus souvent d’un repas par jour et de quelques prières à la chapelle du village.
Les enfants et les autres femmes la regardaient avec méfiance, la prenaient pour une sorcière qui avait lié son âme à celle du Diable…ses habits de couleur noire rappelaient bien trop souvent la couleur de la nuit…source de peur et d’angoisses chez les esprits faibles.
Mais Eleonora en avait fait sa force…et si elle s’occupait de ses jolies plantes comme de vraies poupées le jour, la nuit était consacrée à l’élaboration de l’œuvre d’une vie entière….
Mais la mort finit par achever l’inachevé…et une nuit…où frénétiquement, la main tremblante de vieillesse et de maladie…qu’elle écrivait sur son livre jauni, versant des larmes sèches…pensant à son passé heureux mais avorté trop vite….passant avec langueur la plume sur le papier qui crissait au contact de la pointe de fer….elle ne se rendit pas compte que sa serre prenait feu…que les fleurs sans pétales avaient pris le dessus….qu’elles avaient sucé l’obscure pouvoir de la nuit…qui pour une seule et dernière fois ne mourra pas…pour Eleonora…Nuit avec laquelle elle avait fini par fusionner…
C’est un lourd voile qui pèse ce soir sur la ville endormie. Le disque lunaire propulse sur le
tulle tendu de la nuit son halo blanchâtre. Erre dans ces rues désertes cette ombre mi vivante, mi morte…une
moitié de femme perdue sur les pavés de Bruges…Bruges, fantôme d’elle même, reflet d’une âme souffreteuse, amaigrie par son régime de mortification, asséchée par son
torrent quotidien de larmes inexistantes.
Les quais avaient cette odeur âpre de la vase qui macère depuis des mois…la nuit était lourde, qu’est ce qu’elle était lourde ! mais où allait-elle cette femme à la peau diaphane, comme morte.. ? les yeux fixant ses pieds qui arrivaient avec peine à l’emmener loin…car une chose était sûre elle voulait aller loin…Loin de ce visage qui l’obsédait, loin de ces carillons qui lui rappelaient sans cesse sa faute,
Car elle avait trahit….mais qui avait-elle donc trahi ?
Elle revenait comme chaque soir de ces réunions souterraines et inconnues…de ces réunions où le bon Dieu n’est pas convié ; où le commerce avec le Diable est loi et où la débauche trouve sa place.
Mais ce soir, qu’avait-elle ? pourquoi se pressait-elle ainsi ? elle fulminait, elle rongeait en elle même dans un silence mortifère des pensées sans cohérence. Elle était comme droguée. Les pavés se plissaient et se confondaient avec l’eau stagnante et puante des canaux. Les cloches sonnaient, Ah ces divines cloches !
Cette femme, si caractéristique finissait par se confondre avec la nuit et ne faire qu’une avec ce lourd voile qui pèse sur la ville endormie.
J'arpente ces vertes allées sans trop savoir où je vais, je suis seule,
et j'ai ce bonheur de
fouler de mes pieds ces sentiers gardés par les princesses aux joyaux d'ombres et aux seins de pierre.
Oh...je rêverais de m'unir à elles en un dernier souffle, je voudrais embrasser leurs lèvres de marbres charnues, passer mes doigts amaigris sur leurs hanches pulpeuses, en un mot, aspirer tout
ce qui leur reste de vie...
Une ombre sensuelle apparaît devant mes yeux, une douce mélodie s'élève des tombes et serpentent entre les stèles comme pour dire "Suis moi... "
Je me soumets à cet ordre invisible et me mets à tourner au rythme de cette musique émanant des morts...je tourne, tourne jusqu'à en perdre le contrôle de moi même...
Je me retrouve enfermée dans une chambre tapissée du plus beaux des tissus pourpres de velours...je cherche des yeux un objet qui pourrait m'être familier...
Je vois posé sur un guéridon dont le bois ciselé formait de belles sirènes aux courbes arrondies un bijoux étrange. Je le prends délicatement afin de l’observer de plus près. Cette
perle de joaillier formait une lune sur laquelle était allongée lascivement une femme…Un bruit me tira de mon admiration de cette pièce d’argent. Je lève les yeux…et fus ravie par l’apparition
qui déchirait la pièce par toute sa belle laideur. Ses yeux était plissés dans une torsion de douleur qui rappelait l’horreur exprimée par sa bouche…son crâne blanc, dénudé affichait une
intelligence d’une nature indéfinissable.
La créature leva les yeux vers moi et me tendit ses longues et faméliques doigts parés des ongles plus effilés et pointus encore que ceux des bêtes de l’Enfer. Mais je sentis à cette proposition
silencieuse qu’ELLE ne me voulait pas de mal…Soudain le bijoux que j’avais découvert se mis à me brûler la paume de ma main…et la créature disparut.
Source Image : www.artsimages.com/artnouveau.htm
déclenche chez moi les pires réctions de dégoût,
d'angoisse, de peur voire parfois de démence. Si quelqu'un a le malheur d'être malade à côté de moi...je ne sais pas comment je réagirais, probablement la fuite suivie d'obessions
insoutenables et inexplicables à l'entourage proche. Comment faire comprendre aux gens que cela peut autant paraliser que la peur des araignées? dont personne se moque du
reste....
aine
Lenore fuhr ums Morgenrot
Empor aus schweren Träumen:
"Bist untreu, Wilhelm, oder tot?
Wie lange willst du säumen?" -
Er war mit König Friedrichs Macht
Gezogen in die Prager Schlacht,
Und hatte nicht geschrieben:
Ob er gesund geblieben.
oicVoici sans doute un poème dont l’essence même est portée par les mots….et j’oserais même dire par les maux…Les onomatopées scandent le
texte de nombreuses fois traduit, car posant de gros problèmes de retranscription (Nerval notamment en a produit une traduction).Mallemande qui fait
vivre à la perfection cette
Pour trouver le texte allemand cliquez ici
Et sa traduction est disponible sur la merveilleuse bibliothèque numérique GALLICA de la BNF…
Je me sens parfois injuste avec mes confrères humains...mais c'est plus fort que moi. Il est rare que je
puisse supporter la présence d'autrui, son odeur, sa voix, ses mimiques et ses gestes. Parfois, juste une personne qui avale sa salive à côté de moi me dégoûte ou arrive à me faire fuir, ce
qui est complètement idiot parce que moi aussi je respire, tousse...mais à chaque fois je vais essayer de me faire remarquer le moins possible. Lors d'un examen, par exemple je vais faire le
moins de bruit possible avec le papier de mon goûter pour ne pas déranger les autres dans leur travail. En fait ce qui me gêne au plus haut point c'est que les gens ne font généralement pas
attention à ce qu'ils font ou les bruits qu'ils produisent. Comme ceux qui vont vous faire la bise alors qu'ils sont malades...(quelle horreur!)